jeudi 17 mars 2016

Exposition au Nice Fictions

Cette année Olivier Sanphilippo m'invite au Nice Fictions pour y exposer mes croutes, quelques Gigogneries, des Animaux de Pouvoirs d'ici et là et l'occasion aussi de vous présenter les toutes nouvelles illustrations d'un jeu de rôle en cours de création, L'Apprenti Sorcier de Nicolas Oudin et Pierre Petitifrère.

Le Nice Fictions est un festival consacré aux genres de l’imaginaire (science-fiction, fantasy, fantastique…) et aux créations courtes (nouvelles, courts-métrages…). Cette deuxième édition se tiendra du 22 au 24 Avril 2016 sur le Campus de Saint Jean d'Angely, l'entrée est gratuite et on vous y attend nombreuses & nombreux!


dimanche 13 mars 2016

Mon corps comme champs de bataille

Vaginal-theory © NLF - "Il chante , il fait des bulles, il danse immobile!" Narki Nal

Les diables aiment les fées et les fées aiment le corps-nu. Je suis invitée le 25 Mars aux Diables Bleus, 29 route de Turin à Nice, à construire le printemps des femmes, pour une soirée Ton Corps Comme Un Champs de Bataille.

"Qu'on se le dise, si je me bas contre le sexisme, l'ordre patriarcal et la misogynie, je me bas aussi contre la misandrie.
Le féminisme ne remet pas en cause l'homme, mais bien la réalité du modèle social où les différences sexuelles biologiques deviennent matières à alimenter les inégalités et à séparer les êtres humains entre dominants et dominées. Inégalités législatives, sociales et culturelles qui n'ont aucune légitimité lorsque l'on parle de biologie et de physiologie.
Aucun combat féministe ne va à l'encontre des hommes ni ne porte atteinte à la masculinité. Le propos n'est pas de castrer mais bien d'élever tous les sexes au même niveau.
A partir de là, lorsque ce sera fait, il sera peut être temps de prendre conscience qu'en terme de biologie, il n'existe pas seulement que deux sexes..."

On pourrait bien se demander à qui appartient le corps des femmes aujourd'hui.
"... Le corps féminin est devenu le champ de bataille de la guerre contre les femmes...Transformer la relation à notre corps." Carla Rice
"... la question du corps pourrait bien constituer un levier essentiel, la clé d'une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans..." Mona Chollet

 POUR UN PRINTEMPS DES FEMMES !
Textes et interventions POUR SE DEMANDER À QUI APPARTIENT LE CORPS DES FEMMES?
...Le corps féminin est devenu le champ de bataille de la guerre contre les femmes...Transformer la relation à notre corps. Carla Rice
.. la question du corps pourrait bien constituer un levier essentiel,
la clé d'une avancée des droits des femmes sur tous les autres plans... Beauté Fatale. Mona Chollet

Dessins-expo d’AMANDINE BRÛLÉE, Live Painting par NYDEN LAFÉE
Lecture mise en espace
Avec la complicité musicale de MARION WILD ROSES
Le regard de Florence Boréale
Montage de textes de Virginie Despentes, Ève Ensler, Mona Chollet, Atenea Acevedo, témoignages in Mon corps est un champ de bataille et diverses poésies de combat
Par
Sophie Perrone
Nyden Lafée Laetitia Combe
Christine Portelli
Cécile Loubet
Narki Nal

Visuel Amandine Brûlée

mardi 8 mars 2016

Migrante

"A l'approche de l'été, "j'hirondellise" mes perspectives, je vole vers des chants de matins plus verts, boisés, nimbés de mousses aux écorces écorchées. Je migre ... 
Je migre pour quitter un urbanisme dénué d'urbanité, je migre pour des jours meilleurs dans de vieilles pierres, là où j'ai grandi, en arrière pays. 

Je migre par chance et par bonheurs, je suis née dans la paix à la bonne heure. Je n'ai pas à fuir la guerre, quitter ma maison, partir pour des sols moins hostiles, rencontrer l'inhospitalité du monde.

Je migre dans le confort d'un siège chaud sur un moteur ronronnant qui crache des gaz à effet de serre par un pot d'échappement. Dans ma valise à roulette je traine mes plus belles robes, mes sous-vêtements de soie et de coton, mes carnets à dessin, des stylos, du fusain, un ou deux bons bouquins et une liste de rêves à réaliser en quelques semaines d'été. 

Je n'ai pas à me soucier des frontières à franchir, des fils barbelés, des bombes, des armes et des balles à tirs d'ailes, de ma terre natale abandonnée portant les stigmates de la haine. Je n'ai pas à me soucier des ruines causées par les bombardiers, les seules que je connaisse sont celles laisser par l'histoire et les jours révolus d'un temps où mon arrière grand-mère lavait ses linges dans l'eau glacée. 


 Je migre par désir et non par nécessité. Où que j'aille je ne serrais pas rejeté, la couleur de ma peau, mon origine et mon rapport au sacré ne seront pas associés à la criminalité. Je pourrai même décider que ma prochaine destination deviendra ma nouvelle maison faite de murs et de chaleur. Elle ne sera pas montée de toiles humides pourrissantes sur les galets d'une plage de méditerranée ou construite avec des containers dans des bidons-villes autoritaires. Je n'aurai pas à y survivre, entassée, agglutinée dans la puanteur et la misère, commettant l'horreur et le déshonneur pour nourrir mes pères. Je n'aurai ni à me préoccuper de la domination ni d'aucune pression sociale cherchant à me caser dans le moule du bon-nègre.

Lorsque je m'installerai dans mes nouveaux quartiers, mes voisins seront charmants, ils ne seront pas terrorisés ni harangués par des fascistes fâchés avec l'humanisme et les lumières. Je ne serai pas rejetée ni accusée des maux de l'humanité. Mes préoccupations pourront être futiles. Je pourrai m'atteler à ne manger que des légumes issus de l'agriculture biologique, acheter du miel chez le petit producteur et choisir un bon vin pour accompagner les grillades des longues soirées. Je n'aurai pas à mendier ni à accepter des paquets de gâteaux à l'huile de palme en les recevant, remerciant, m'inclinant, comme si l'on m'avait donné le rein de leur reine bienaimée. 

A l'approche de l'été je suis une migrante dorée aux plaisirs simples qui pleure sur l'actualité, dégoutée par les ordonnances d'hommes costumés, censés refléter les désirs de leurs administrés, ces démagogues avides, offrants la légions d'honneur au plus grand dictateur élu meurtriers de l'année.

Dévoilée comme insoumise à la déchéance je ne tolère pas l'état d'urgence mais je proclame l'urgence d'un nouvel état, conteste les nouvelles mesures en matière de travail et d'équité. Je soutiens la nécessité de migrer vers un autre mode de pensée."

NLF