vendredi 8 avril 2016

Face à face


Alors qu'elle arpentait les allégories du monde, il se déformait et les multitudes de créatures envahissaient l'espace. Elle pouvait alors gambader joyeusement, jouant à saute-moutons d’égrégores en déités, enivrée par les infinies possibilités qui se présentaient. D'un monde à l'autre, baigné dans la lumière, de plus en plus proche de la clarté, les ombres grandissaient et suivaient la marche.

Au seuil du savoir, persuadée de sa pureté, elle voulait se séparer des démons qui la suivaient. S'alléger. Elle devait trancher, devenir la guerrière et prendre les décisions qui s'imposaient. Au détour du chemin elle croisa le regard du monstre auquel elle était si attachée, s'empara de ses armes et s’apprêta à tailler dans la chaire - Faisant fit des instances du mouroir - À l'instant même de l’exécution, alors que les tambours roulaient, les cors chantaient et son corps s'enflammait, il lui apparue l'évidence de former un tout avec l'univers. Si elle s'en coupait, qui serait le monstre, la créature ou le bourreau ?

Elle comprit alors le pouvoir de la guerrière, posséder les armes n'est nul nécessité absolue d'en user. Elle se laissa guider par les ombres pour savoir jusqu'où elles l’emmèneraient. Elle plongea peu à peu dans le miroir, s'enfonça dans les eaux profondes et admira l'obscurité. Elle apprenait. Réconciliée. La quête n'était plus dans les lointaines luminescences ni dans les sombres recoins hermétiques. Attentive, réceptive, entre lumière et obscurité, traversée par le chant des astres elle flottait dans l’opacité. Déplacement figé. Le temps sans consistante, l’existence sans cesse rejoué. Et le choix.

NLF

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