mercredi 12 avril 2017

Entraves (des)libérées

Performance "Entraves (des)libérées" lors de la soirée Renaissance Exhibition de L'Artocrate au Diane's le 8 Avril 2017.

"J'ai marché couverte de chaines, dans toute la rue Saint Vincent à Nice, les mains entravées par un cadenas, la clé était pendu quelque part dans le bar. Quelques hommes ont lancés des "Souris!", "Vas y fais pas la gueule!", "Ben pourquoi tu es toute triste?". Et ceux qui ne me regardaient pas, qui n'osaient pas croiser mon regard, qui détournaient volontairement les yeux. Sur le chemin une dame m'a accompagnée, empathique, soucieuse, jusqu'à ce qu'elle parte retrouver ses amis qui partaient. Il a fallut atteindre devant la clé pour qu'une jeune femme vienne d'elle même me libérer. Dans ses bras j'ai pleuré."

NLF


Album photo de la soirée Renaissance Exhibition : ICI.

jeudi 30 mars 2017

Sous le regard de Will Gruyer

Finissage de mon exposition à la bibliothèque universitaire Saint Jean d'Angély à Nice, dans le cadre des rencontres graphiques du Nice Fictions. Photographies de Will Gruyer, photographe niçois.

mardi 7 mars 2017

Les Apprentis Sorciers - le jeu de rôle que j'illustre


Les Apprentis Sorciers - le jeu de rôle : Depuis quelques temps je travaille sur les illustration de ce JDR créé par Pierre Petitfrère et Nicolas Oudin. Il est encore en cours de création mais je vous invite déjà à le découvrir via cette page facebook.





lundi 20 février 2017

Métempsycose - l'Artocrate web Fanzine

Métempsycose © NLF

Ma proposition pour le fanzine L'Artocrate N°2.1 de février 2017 sur le thème de la METEMPSYCOSE est en ligne sur www.lartocrate.com

Transmigration de l'âme d'un corps à un autre, réincarnation, palingénésie, la métempsycose est une croyance qui implique la préexistence de l'âme, son immortalité, sa dissociation avec le corps et l’existence de sa source divine et éternelle. L'est l'opposition entre la lumière et l'obscurité, l'essence éthérique qui s'incarne dans la matière de façon circonstancielle et hasardeuse, ou bien contrôlée.
A supposer que nous sommes des êtres spirituels qui s'incarnent dans le vivant ou l'objet afin de l'animer, ne peut-on envisager une dialectique entre art et métempsycose ? Aller à la rencontre d'une œuvre, entrer en contemplation devant son esthétique, se perdre avec empathie dans les méandres de son discours, créer, engendrer, imaginer, c'est aussi se lier et entrer en connexion avec le monde. C'est être au centre de l'espace et du temps, faire parti d'un tout unique, ce « grand tout » source de toutes choses que l'on retrouve dans la pensée de Platon. Si le corps est une prison, l'art est une fenêtre pour libérer l'esprit et l'unifier avec l'univers.
Croire en la métempsycose c'est faire perdurer les choses après leur mort sous une forme d'éternité.

En 2015, après l’interruption des numéros du fanzine, nous pensions que l'Artocrate était mort. Aujourd'hui, grâce à la magie de la métempsycose nous faisons perdurer son âme dans un autre corps, une autre forme, avec autant de participations d'artistes, poètes, photographes, penseurs et illuminés.
NLF

lundi 2 janvier 2017

Groove in fairy to 2017


Construction - déconstruction

Tout apprendre pour désapprendre. Construire sa pratique durant tant d'années. Bâtir son identité sur des fondations solides, les enseignements qui nous sont prodigués dans la bienveillance et la notion de choix. Puis arriver aux étapes de la vie et à celle qui, pour la franchir, nous demande de nous déconstruire.

 

La déconstruction ce n'est pas la destruction. C'est l'analyse de soi, bout à bout. Comprendre d'où vient notre pensée, sur quoi est-elle fondée, comment s'est-elle construite, à partir de, qui, quoi, où, comment prend-elle du sens, quelle est sa conception sémiotique, son rapport signifiant-signifié...
Tout apprendre pour désapprendre. Se laisser porter dans les circonvolutions de la pensée déridéenne. Cheminer à rebours dans la sémantique des choses, de l'ordre au chaos. S'engouffrer dans le Khaos pour constater que l'on a rien appris, rien compris, tout mélangé. 

Comprendre donne un sentiment de complétude. Apprendre que l'on n'a rien compris renvoie au sentiment de complexion terne, fade. C'est le risque à sortir de sa zone confort, la déconstruction. Ce pourquoi nous restons finalement bloqué à certaines étapes de la vie. Les franchir renverrait à cette étude platonicienne où l'on sait pertinemment ce qui se cache dans la caverne, de l'autre côté du miroir. Se déconstruire, c'est réaliser que l'on a bâti son identité sur des illusions, par sécurité, dans la bienveillance et le mirage du choix possible. 

La déconstruction provoque un sentiment de destruction du soi. Alors on ne s'y hasarde pas. On détourne le regard de son reflet, sans percevoir que de l'autre côté, il y a la reconstruction. La reconstruction dans son unité, faire partir d'un tout, lié au monde, les uns aux autres, à son animalité et son humanité, se reconstruire dans cette ensemble unique et dans ses différentiabilités. Trouver dans cet ensemble la solution, franchir l'étape, jusqu'à la prochaine. Tout recommencer.
De même dans la pratique de l'art, l'artiste expérimente la déconstruction pour construire des ponts entre les mondes tangibles et intangibles.  

2017, j'hirondellise mes perspectives pour voyager vers un monde où la construction du vaisseau qui m'y mène me demande d'aller chercher les outils dans la caverne. 

Le mat, toujours, passe d'une arcane à l'autre.


mercredi 16 novembre 2016

Des sciences humaines à l'art - NLF exhibition

Cette dernière année j'ai pris un temps de réflexion, une année pour m'interroger sur l'évolution de ma pratique, me questionner sur l'art, j'ai laissé certaines réalisations en suspend pour revenir aux sources. Parfois lors du voyage nous oublions d'admirer le paysage, au cours d'une conversation nous oublions pourquoi et comment nous sommes arrivé à tel endroit, il nous faut alors rembobiner la K7, retourner sur nos pas, comme si le processus de cheminement était aussi important que la destination finale. Pour illustrer ce processus,  j'ai choisi d'exposer une large collection de pièces qui forment une sorte de rétrospective de mon travail sur les cinq dernières années. Aujourd'hui je m'interroge encore sur le sens de ma pratique et sur l'intellectualité qu'elle propose.

En art le processus de création et parfois tout aussi important même plus, que l’œuvre achevée. Il permet d'en observer les fondements, connaitre les interrogations qui ont poussé à sa conception, la méthodologie employée, le mécanisme, une forme de cuisine qui appartient à un développement bien particulier, celui de la recherche.

Petit à petit, ce processus m'a curieusement ramené à un espace de réflexion longtemps côtoyé, la BU de Carlone. Diplômée en Master 1 d'histoire à l'Université de Lettres, Arts et Sciences Humaines de Nice Sophia Antipolis, la bibliothèque Henri Bosco était mon refuge lorsque mes voisins faisaient un peu trop la fête, que mon espace de vie offrait un peu trop de distraction et que j'avais un peu trop envie de faire la fête avec mes voisins... Il y a cinq ans j'avais pris la décision de quitter l'université pour me donner les moyens de concrétiser ma pratique artistique qui n'était encore qu'à l'état de rêve. Et aujourd'hui je reviens sur les murs de cet endroit qui a été le témoin de mon premier encrage dans le monde réel et surtout, de mon apprentissage de la recherche.

La recherche, qu'elle soit employée dans un cursus universitaire, au sein d'un laboratoire, ou en art, est un process applicable à tous les niveaux, physiques, métaphysiques, spirituels, matériels... La recherche c'est connaitre tous les points qui nous amènent à comprendre le monde. C'est aussi explorer des paysages qui ne nous attirent pas vraiment pour pouvoir défricher les zones qui nous séduisent. C'est essayer de n’omettre aucun détail, d'observer avec attention toutes les particularités, la moindre information qui fait de l'univers un tout unique où tout est lié par la sémantique, de petit sentiers étroits et fragiles, ils nous relient les uns aux autres et souvent, nous demandent un peu de débroussaillage. 

Alors j'ai autant que faire se peut débroussaillé mon paysage et j'y ai vu quatre femmes parmi tous les êtres magnifiques qui le peuplent. Quatre femmes doit la voix résonne encore dans les tréfonds de mon âme.
Ma mère, Josette Combes, bibliothécaire bénévole et soignante, qui me disait très souvent : "Donnes toi les moyens d'y arriver."
Ma directrice de mémoire, Rosa Maria Dessi Lauwers, maitre de conférence ici, à l'université de Nice, qui lors de ses cours d'iconographie médiévale insistait : "Il faut parfois passer tous les détails au peigne fin sinon on se rend compte trop tard qu'on a oublié quelque chose."
Ma marraine artistique, Sonia Grdovic, artiste plasticienne, a une maxime : "L'élégance c'est de ne pas être oublié."
Mon amie et celle qui m'a éveillé à l'art contemporain, Isabelle Sordage, artiste plasticienne et chercheuse dans la plasticité sonore, me le répète encore : "Le chemin de randonné est peut-être le plus difficile à emprunter mais il mène à un paysage bien plus beau à regarder que celui des autoroutes."
Quatre phrases qui font parties de mon processus de création et aussi, de ma ligne de conduite développée par l'idée que la science et l'art sont deux pratiques qui utilisent la même méthode, la recherche.