mardi 7 mars 2017

Les Apprentis Sorciers - le jeu de rôle que j'illustre


Les Apprentis Sorciers - le jeu de rôle : Depuis quelques temps je travaille sur les illustration de ce JDR créé par Pierre Petitfrère et Nicolas Oudin. Il est encore en cours de création mais je vous invite déjà à le découvrir via cette page facebook.





lundi 20 février 2017

Métempsycose - l'Artocrate web Fanzine

Métempsycose © NLF

Ma proposition pour le fanzine L'Artocrate N°2.1 de février 2017 sur le thème de la METEMPSYCOSE est en ligne sur www.lartocrate.com

Transmigration de l'âme d'un corps à un autre, réincarnation, palingénésie, la métempsycose est une croyance qui implique la préexistence de l'âme, son immortalité, sa dissociation avec le corps et l’existence de sa source divine et éternelle. L'est l'opposition entre la lumière et l'obscurité, l'essence éthérique qui s'incarne dans la matière de façon circonstancielle et hasardeuse, ou bien contrôlée.
A supposer que nous sommes des êtres spirituels qui s'incarnent dans le vivant ou l'objet afin de l'animer, ne peut-on envisager une dialectique entre art et métempsycose ? Aller à la rencontre d'une œuvre, entrer en contemplation devant son esthétique, se perdre avec empathie dans les méandres de son discours, créer, engendrer, imaginer, c'est aussi se lier et entrer en connexion avec le monde. C'est être au centre de l'espace et du temps, faire parti d'un tout unique, ce « grand tout » source de toutes choses que l'on retrouve dans la pensée de Platon. Si le corps est une prison, l'art est une fenêtre pour libérer l'esprit et l'unifier avec l'univers.
Croire en la métempsycose c'est faire perdurer les choses après leur mort sous une forme d'éternité.

En 2015, après l’interruption des numéros du fanzine, nous pensions que l'Artocrate était mort. Aujourd'hui, grâce à la magie de la métempsycose nous faisons perdurer son âme dans un autre corps, une autre forme, avec autant de participations d'artistes, poètes, photographes, penseurs et illuminés.
NLF

lundi 2 janvier 2017

Groove in fairy to 2017


Construction - déconstruction

Tout apprendre pour désapprendre. Construire sa pratique durant tant d'années. Bâtir son identité sur des fondations solides, les enseignements qui nous sont prodigués dans la bienveillance et la notion de choix. Puis arriver aux étapes de la vie et à celle qui, pour la franchir, nous demande de nous déconstruire.

 

La déconstruction ce n'est pas la destruction. C'est l'analyse de soi, bout à bout. Comprendre d'où vient notre pensée, sur quoi est-elle fondée, comment s'est-elle construite, à partir de, qui, quoi, où, comment prend-elle du sens, quelle est sa conception sémiotique, son rapport signifiant-signifié...
Tout apprendre pour désapprendre. Se laisser porter dans les circonvolutions de la pensée déridéenne. Cheminer à rebours dans la sémantique des choses, de l'ordre au chaos. S'engouffrer dans le Khaos pour constater que l'on a rien appris, rien compris, tout mélangé. 

Comprendre donne un sentiment de complétude. Apprendre que l'on n'a rien compris renvoie au sentiment de complexion terne, fade. C'est le risque à sortir de sa zone confort, la déconstruction. Ce pourquoi nous restons finalement bloqué à certaines étapes de la vie. Les franchir renverrait à cette étude platonicienne où l'on sait pertinemment ce qui se cache dans la caverne, de l'autre côté du miroir. Se déconstruire, c'est réaliser que l'on a bâti son identité sur des illusions, par sécurité, dans la bienveillance et le mirage du choix possible. 

La déconstruction provoque un sentiment de destruction du soi. Alors on ne s'y hasarde pas. On détourne le regard de son reflet, sans percevoir que de l'autre côté, il y a la reconstruction. La reconstruction dans son unité, faire partir d'un tout, lié au monde, les uns aux autres, à son animalité et son humanité, se reconstruire dans cette ensemble unique et dans ses différentiabilités. Trouver dans cet ensemble la solution, franchir l'étape, jusqu'à la prochaine. Tout recommencer.
De même dans la pratique de l'art, l'artiste expérimente la déconstruction pour construire des ponts entre les mondes tangibles et intangibles.  

2017, j'hirondellise mes perspectives pour voyager vers un monde où la construction du vaisseau qui m'y mène me demande d'aller chercher les outils dans la caverne. 

Le mat, toujours, passe d'une arcane à l'autre.


mercredi 16 novembre 2016

Des sciences humaines à l'art - NLF exhibition

Cette dernière année j'ai pris un temps de réflexion, une année pour m'interroger sur l'évolution de ma pratique, me questionner sur l'art, j'ai laissé certaines réalisations en suspend pour revenir aux sources. Parfois lors du voyage nous oublions d'admirer le paysage, au cours d'une conversation nous oublions pourquoi et comment nous sommes arrivé à tel endroit, il nous faut alors rembobiner la K7, retourner sur nos pas, comme si le processus de cheminement était aussi important que la destination finale. Pour illustrer ce processus,  j'ai choisi d'exposer une large collection de pièces qui forment une sorte de rétrospective de mon travail sur les cinq dernières années. Aujourd'hui je m'interroge encore sur le sens de ma pratique et sur l'intellectualité qu'elle propose.

En art le processus de création et parfois tout aussi important même plus, que l’œuvre achevée. Il permet d'en observer les fondements, connaitre les interrogations qui ont poussé à sa conception, la méthodologie employée, le mécanisme, une forme de cuisine qui appartient à un développement bien particulier, celui de la recherche.

Petit à petit, ce processus m'a curieusement ramené à un espace de réflexion longtemps côtoyé, la BU de Carlone. Diplômée en Master 1 d'histoire à l'Université de Lettres, Arts et Sciences Humaines de Nice Sophia Antipolis, la bibliothèque Henri Bosco était mon refuge lorsque mes voisins faisaient un peu trop la fête, que mon espace de vie offrait un peu trop de distraction et que j'avais un peu trop envie de faire la fête avec mes voisins... Il y a cinq ans j'avais pris la décision de quitter l'université pour me donner les moyens de concrétiser ma pratique artistique qui n'était encore qu'à l'état de rêve. Et aujourd'hui je reviens sur les murs de cet endroit qui a été le témoin de mon premier encrage dans le monde réel et surtout, de mon apprentissage de la recherche.

La recherche, qu'elle soit employée dans un cursus universitaire, au sein d'un laboratoire, ou en art, est un process applicable à tous les niveaux, physiques, métaphysiques, spirituels, matériels... La recherche c'est connaitre tous les points qui nous amènent à comprendre le monde. C'est aussi explorer des paysages qui ne nous attirent pas vraiment pour pouvoir défricher les zones qui nous séduisent. C'est essayer de n’omettre aucun détail, d'observer avec attention toutes les particularités, la moindre information qui fait de l'univers un tout unique où tout est lié par la sémantique, de petit sentiers étroits et fragiles, ils nous relient les uns aux autres et souvent, nous demandent un peu de débroussaillage. 

Alors j'ai autant que faire se peut débroussaillé mon paysage et j'y ai vu quatre femmes parmi tous les êtres magnifiques qui le peuplent. Quatre femmes doit la voix résonne encore dans les tréfonds de mon âme.
Ma mère, Josette Combes, bibliothécaire bénévole et soignante, qui me disait très souvent : "Donnes toi les moyens d'y arriver."
Ma directrice de mémoire, Rosa Maria Dessi Lauwers, maitre de conférence ici, à l'université de Nice, qui lors de ses cours d'iconographie médiévale insistait : "Il faut parfois passer tous les détails au peigne fin sinon on se rend compte trop tard qu'on a oublié quelque chose."
Ma marraine artistique, Sonia Grdovic, artiste plasticienne, a une maxime : "L'élégance c'est de ne pas être oublié."
Mon amie et celle qui m'a éveillé à l'art contemporain, Isabelle Sordage, artiste plasticienne et chercheuse dans la plasticité sonore, me le répète encore : "Le chemin de randonné est peut-être le plus difficile à emprunter mais il mène à un paysage bien plus beau à regarder que celui des autoroutes."
Quatre phrases qui font parties de mon processus de création et aussi, de ma ligne de conduite développée par l'idée que la science et l'art sont deux pratiques qui utilisent la même méthode, la recherche. 

vendredi 4 novembre 2016

NLF exhibition // bibliothèque Henri Bosco

Dans le cadre des rencontres graphiques du Nice Fictions,  
Nyden Lafée Laetitia Combe expose du 15 Novembre au 16 Décembre 2016 
à la bibliothèque universitaire Lettres, Arts et Sciences humaines Henri Bosco, 
sur le campus Carlone.

Vernissage mardi 15 Novembre à 18h.

Réservations conseillées par téléphone au 04.93.37.55.55.
 
Un grand merci à Olivier Sanfilippo organisateur du pôle exposition du Nice Fictions 
et illustrateur de talent.


jeudi 29 septembre 2016

Ceci n'est pas un cintre

#CeciNestPasUnCintre, c'est le symbole des avortements illégaux. Voici le slogan de la campagne du planning familial pour le droit à l'avortement, dans le cadre de la journée internationale pour le droit à l'avortement le 28 Septembre 2016. Alors que ce droit est (encore) remis en question en Europe, l'OMS rappelle que l'on estime à 22 millions le nombre des avortements à risques pratiqués dans le monde chaque année, pour la plupart dans les pays en développement. Les lois restrictives qui contraignent les femmes et les jeunes filles à recourir à des avortements à risque entraînent 47 000 décès, et plus de 5 millions de cas de complications.

https://www.facebook.com/Ceci-nest-pas-un-cintre-515121235279420/

Un débat qui n'a pas fini d'animer les réseaux sociaux quand on prend conscience des moyens de communication et de propagande mise en place par les sites anti-IVG tel que afterbaiz.com (à vomir). Des débats auquel je prends part, dans mon quotidien, lors de discussions entre amis, dans la vrai vie ou sur internet, et où je me retrouve constamment confrontée aux mêmes discours culpabilisants car, si j'en crois ces arguments, tout est de ma faute parce que la femme, c'est moi.

Dans un débat sur l'IVG suite à un viol, c'est de ma faute, moi la femme qui portait une jupe et qui l'a bien cherché. Lorsque je rappelles que 74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime, possiblement donc dans son cercle intime, c'est de ma faute, moi la femme qui a de mauvaises fréquentations. Dans un débat sur la grossesse non-désirée on me dit que c'est de ma faute, moi la femme qui ne prend pas de contraception. Lorsque je dis que toutes les contraceptions sont des chimies qui ne s'adaptent pas à tous les métabolismes on me dis que c'est de ma faute, moi la femme de mauvaise volonté...

En réalité ce cintre n'est pas un cintre, ce n'est pas non plus uniquement le symbole des avortements illégaux, c'est l'emblème d'une société malade où les femmes n'ont toujours pas le droit de disposer de leurs corps comme elles le veulent. C'est le symbole de la culture du viol. 

La culture du viol ce n'est pas considérer que le viol n'est pas un crime. La culture du viol c'est la banalisation de ce problème de société par un sexisme trop dilué dans les mentalités, où les femmes sont considérées par les hommes comme des salopes potentielles et où les hommes sont considérés par les femmes comme des violeurs potentiels. Car tous les violeurs ne sont pas des inconnus sanguinaires cachés dans l'obscurité d'une ruelle. 90 % des violeurs ne présentent aucune pathologie mentale et 74 % des viols sont commis par une personne connue de la victime. Il n'existe pas de profil monochrome de l'agresseur sexuel.  Nous ne pouvons pas savoir à l'avance que l'homme avec qui nous partageons un café sera notre violeur, que l'homme en costume cravate à côté de nous dans les transports en commun nous touchera la cuisse, que l'homme qui partage notre vie aura décidé de nous "prendre" par la force par ce qu'il pense que c'est son dû.


En tant que féministe je me bas pour l'égalité et l'équité, ce qui veut dire que si je me bas contre la misogynie je me bas aussi contre la misandrie à tous les niveaux. Je n'accuse pas tous les hommes d'être des violeurs potentiels, je n'accusent pas tous les hommes d'être des crocodiles. Je demande à ce que tous les hommes prennent conscience de ce fait de société et agissent. Et agir passe par la remise en question de sa propre condition et de son environnement. 
J'aimerais vivre dans un monde où les hommes ne seraient pas considérés comme des violeurs potentiels parce que les femmes ne seraient plus considérées comme des salopes potentielles. 

"Si les femmes ne se comportaient pas comme des salopes, elle ne se feraient pas violer et c'est donc qu'elles l'ont bien cherché! Et si le fruit de cet acte est une grossesse, elles n'ont qu'à l'assumer, car un enfant n'est pas responsable des actes de ses parents." Voilà les propos avancés par les groupes anti-IVG, ces mêmes groupes qui peuplent le mouvement manif pour tous, les groupes d'extrême droite & le FN. 
Chez ces groupes j'ai même entendu l'expression "avortement de confort". Puisque la majorité des IVG ne sont pas dû à la suite d'un viol, mais bien d'une relation sexuelle entre adultes consentants. Alors je voudrais prôner le droit à l’erreur. Pas à l'irresponsabilité, ni à l'ignorance, mais le droit à l'utilisation du préservatif qui comporte 3 %  risque de craquer,  suite au droit de refuser la prescription d'une contraception aux effets indésirables, le droit à l'accident de parcours, le droit de choisir notre existence, le droit de refuser, le droit de disposer de notre corps, le droit de ne pas devenir mère trop jeune... Et lorsque l'on me parlera d'avortement de confort, je répondrai qu'il n'existe pas d'avortement confortable, que c'est une décision qui restera toujours difficile à prendre, que c'est un acte chirurgical qui n'est pas anodin et qu'aucune femme ne le substitue quotidiennement à la contraception.

Et contrairement aux idées ressues et véhiculées par les sites anti-IVG, l'avortement, s'il est pratiqué à l’hôpital, en chirurgie, ne comporte plus de risque de stérilité aujourd'hui, sauf bien sur, s'il est réalisé à l'aide d'un cintre ou d'une aiguille à tricoter.

« Dans un contexte international alarmant où l’on voit ressurgir des groupes anti-choix animés par des intentions malveillantes visant à remettre en cause des droits fondamentaux obtenus par la lutte pour l’émancipation des femmes, il est important de rappeler un chiffre qui fait froid dans le dos : 47 000. C’est le nombre de femmes qui meurent chaque année des suites d’avortements clandestins.[…] Bien qu’inscrit dans la loi, l’avortement n’est toujours pas « légitime » et on demande encore aux femmes de se justifier. […] Nous voulons en finir avec les IVG cachées, la culpabilisation des femmes, la maltraitance de la part de certain•es professionnel•les, le discours dominant dévalorisant pour les femmes. Nous voulons redonner aux femmes la possibilité d’être fières de faire des choix autonomes, et le droit d’avorter doit être reconnu en France et ailleurs comme un droit respectueux des femmes et de leur dignité. »