lundi 21 décembre 2015

Joyeuses fêtes de Noël, bon Solstice d'hiver et heureuses Saturnales

Si vous les fêtez, je vous souhaite de passer ces fêtes de fin d'année dans la joie, au chaud, entourés de vos proches, de vos ami(e)s, de vos amours et de vos familles. 

"Il a fallu des Dickens, des Andersen, des rêveurs de rêves et de vœux d'enfants pour ramener de l'au-delà leurs ombres que les croyants avivent... car, comme l'a dit Barrie, à chaque fois qu'un enfant croit aux fées... c'est une fée qui renaît...
Alors c'est Noël, ouvrons la maison au soleil renaissant. 0 l'instar des ancêtres, allons chercher le houx, le gui, le sapin toujours verts, décorons les murs de leurs rameaux eu symbole d'éternité, attachons-y guirlandes, boules, chandelles et rubans."

Extrait de l'Elféméride de Pierre Dubois et René Hausman



lundi 23 novembre 2015

Gigognerie #2

"C'est au seuil du territoire de Morphée que l'émotion monte, le corps tourné vers les étoiles, cette tension et ces larmes proviennent d'un autre temps, d'un autre espace. Il existe une autre, la petite fille disparue dont il ne reste plus que les peurs et les pleures. Une petite fille virtuelle coincée entre le lobe frontal et le lobe cérébral. C'est au seuil du territoire de Morphée que je rends visite à mes matriochkas, de la plus grande à la plus petite."

NLF
Gigognerie - NLF © 2015

dimanche 22 novembre 2015

Gigognerie #1

"Au réveil d'une journée d'automne, à l'aube de la vie, nous devions être deux. L'enfant gigogne s'instruit au rythme des vagues sans savoir ni comprendre sa gigognerie. Au principal questionnement, faut-il se demander, Ais-je mangé mon frère ou ma sœur car je voulais être seule, ou ais-je perdu mon double par fatalité? Que grandisse l'arbre de vie, les racines rétréciront le précipice, à grandir, agrandir mais ne pas oublier que Roulite tu t'appelais."

NLF
 
Gigognerie - NLF © 2015

lundi 16 novembre 2015

Quoi faire?

Mais qui pourra m'empêcher de faire? - dessin NLF©2015 sur photographie de Unsplash.

J'apprends la nouvelle en jetant un coup d’œil sur facebook, le temps que Pascal me file une bière au bar de la Zonmé. "Toutes mes pensées vont aux parisiens!"... "Amis parisiens dites moi si vous allez bien!!!"... Tous les statuts de mes contacts s'adressent à Paris. Il s'est passé un drame? Le temps d'en fumer une et je comprend qu'il s'est passé quelque chose de grave. Je regarde autour de moi, aucune réaction, les gens rient, Arnus Horribilis expose et virevolte joyeusement d'invités en amateurs, j'ai un peu trop bu. On s'en fume une dernière chez Pascal, quelques discussions sur les progrès technologiques et les théories ufologiques, ça jette un regard à son smartphone... "Comment ça, j'ai 25 contacts qui ont été signalés en sécurité?", on allume l'ordi, on regarde les premières infos, la bière à un goût amère. Chacun rentre chez soi avec un sentiment d’irréalisme.

Le lendemain, fièvre, rhume, froid, j'ouvre internet au petit déjeuné, assaisonnement de paracétamol, de propolis et d'eucalyptus. Combien de morts? Daesh a fait ça? On est en guerre? Le café ne passe pas. Que faire? Chacun montre sa compassion, son chagrin, facebook s'habille de photo de profil aux couleurs de la France. J'avais prise une jolie photo de Paris il y a quatre ans quand j'étais allé chez Youssef avec Nico. Je vais faire ça, changer ma photo de profil avec. Et mettre des lanternes en photos de couverture pour montrer moi aussi mon soutient au victimes. Voilà, c'est mieux comme ça. Le café ne passe toujours pas. Comme si changer sa photo de profil était une action pour changer le monde, n'importe quoi. 

Que faire? Sonia envoie un appel aux Urbains de Minuit, un appel à écrire sur le prochain web journal. Écrire, oui c'est une idée, en Janvier on avait fait un numéro spécial Charlie et une soirée Cabaret aussi, c'était bien, ça nous avait aidé à comprendre combien la liberté d'expression était précieuse. Écrire de nouveau, les mots ne viennent pas, grippe, fièvre, lit, je like machinalement tous les status qui expriment leurs soutiens à Paris, je voudrais exprimer moi aussi. J'allume une bougie à la fenêtre, continus de m'abreuver des infos en continu sur youtube, lis les témoignages, tente un dessin, moche, bof, les quelques lignes ne sont même pas présentables. Le numéro 58 se fera sans moi, ma plume bande mou. 

Je voulais juste exprimer combien j'étais compatissante et empathique avec Paris, avec le monde, avec tous ces pays massacrés, toutes ces personnes meurtries pour des causes qu'on ne comprendra jamais, parce qu'on ne nous dit pas tout. Paris canardée, terrorisée, la France réplique, la Syrie est bombardée. Combien d'enfants tués?  Pleurer sur le monde, ça change quelque chose? Et hurler son amertume? Dieu, terrorisme, fanatiques, qui est qui? Comment comprendre le processus de création de ce problème qui me parait insoluble? Si Dieu existe, il doit vraiment avoir envie qu'on lui foute la paix. On m'a souvent demandé: "Tu es croyante? Chrétienne? Catholique? Agnostique ou athée?" - "Je suis Humaine, ça devrait te suffire à me comprendre!". 

La fièvre est passée aujourd'hui, mais pas la colère. Je ne prendrais pas les armes. Je vais continuer à vivre, à dessiner, à penser des œuvres que je ne vendrais surement jamais, suivre un enseignement chamanique, lire, fumer, boire du vin, manger du chocolat et rire avec les copains, porter des jupes, montrer généreusement la forme de mes seins, cheveux parfumés et paupières trop maquillées, faire l'amour. Puis je vais fêter ça et encore trop picoler, demain dire qu'il faudrait songer à arrêter, puis oublier après avoir ri avec le premier ami que je ne choisirais ni par ethnie ni par confession religieuse. Je vais continuer à m'instruire, à lire les médias indépendants, écrire pour les urbains, faire des fanzines, jouer à des JDR blasphématoires comme In nomine Satanis, m'amuser dans l'Artocrate, aller au théâtre, au cinéma, en boite gay, admirer la nudité et m'insurger contre l'utilisation d'images de femmes-objets, proclamer entre homme et femme l'égalité. Je vais continuer à dessiner des vagins, à liker les clitoris d'Amandine Brûlée, à rigoler à gorge déployée et assouvir mes envies de baiser, de boire du café et de résister. Voilà, je vais continuer à faire ça. Faire ce que j'ai toujours fait, qui pourra m'en empêcher?


NLF

Quoi faire? Faire: 
Le terrorisme poétique par Hakim Bey.

Comprendre:  
Mais qu'est ce qu'il nous arrive?
L'Etat islamique, cancer du capitalisme moderne.

vendredi 13 novembre 2015

Confine del Corpo expérience 2 Aux abattoirs de Nice

Lors du Festival de la Saint Narcisse 2015 by les Urbains de Minuit, s'est déroulé la deuxième édition d'une expérience artistique consistant à explorer les confins du corps. Corps physique, corps psychique, corps célestes, corpus, d'à-corps en accords, à corps perdus et transcendantaux... L'expérience Confine del Corpo de Mai 2015 à Sanremo s'est étendue aux abattoirs de Nice, là où tout avait commencé.

En décembre 2014, la Cie Antipode, compagnie de danse qui investit les espaces publiques et les espaces atypique, convie le réseau d'artistes les Urbains de Minuit à participer à un workshop aux anciens abattoirs de Nice, afin de donner une dimension plastique à ce défrichage. Il mettra à jour les espaces clos de ces vieux bâtiments fermés au public et bientôt détruits afin d'y accueillir un projet de construction de locaux pour ateliers d'artistes. 

Suite à ce travail, les deux association inventent une nouvelle exposition, Confine del Corpo (vidéo témoin), qui prendra corps en Italie à Sanremo. J'y avais réaliser une performance, "J'aimerais être une femme mais je suis de la viande", sur l’œuvre "Cow - je suis une vache", installation de dessin d'animaux d'abattages de pouvoir chamanique et d'une vidéo illustrant ma propre modification de conscience. L'installation prenait l'espace entier d'un couloir sombre, les dessins imprimés sur de grandes bâches étalées au sol, éclairés à la bougie, ne laissaient d'autre choix au spectateur que d'être piétinés pour atteindre le diffusion de la vidéo "je suis une vache"; modification de conscience in situ dans les abattoirs lors du défrichage où je deviens la vache que vous mangez et où je me demande si je ne l'ai pas toujours était. Rapprochement entre le corps féminin et la consommation, animal de consommation... La performance prendra son sens.
Dessins de représentation du sacré, désacralisés par leurs positions, l'animal sacré est désacralisé par son rang d'objet consommable. 

Je reproduis l'expérience une dans l'expérience deux. Le Hall des abattoirs accueil l'exposition avec un espace de déploiement énorme. Plus d'artistes, plus de propositions, plus d'altérité. (catalogue

Installation "Cow" - Animaux d'abattage de pouvoir chamanique - NLF©2015


Diffusion de la performance "J'aimerais être une femme mais je suis de la viande" - NLF©2015

Hall des abattoirs de Nice - Exposition des urbains de Minuit et du Collectif Sanremo Rimasti - Festival de la Saint Narcisse 2015 - Chantier 109 (Chantier sang neuf)

Extérieur de abattoirs - performances de la Cie Antipode - Festival de la Saint Narcisse by les Urbains de Minuit - Chantier 109 (Chantier sang neuf)
Affiche Philippe Hurst


mercredi 11 novembre 2015

Voyage dans les Outres-Mondes - Le renard aux bois de cerf

Le renard aux bois de cerf - Esprit allié - NLF©2015

"Je glisse doucement sous la membrane de terre et pose mon esprit au sol d’un îlot, flottant sur la mer de brume. Un arbre sec et tortueux pousse dans le brouillard, sans feuilles ses branches caressent les spirales de vapeur. Son écorce noire forme une tache d’encre dans l’atmosphère laiteuse. Une branche se détache, c’est un bois de cerf. Derrière le tronc charbonneux s'agite le museau d’un renard roux cornu. Il a la ramure du roi de la forêt et le regard tendre du loup qui chante chaque soir son amour à lune. 
Je glisse doucement sur la membrane de bruine, le renard danse sur son île et frotte ses bois sur le feuillu mis à nu. Je glisse doucement sur la membrane des songes. Le lendemain, un vide greniers, je trouve les bois d’un jeune cerf sur le stand du chasseur. Il ne chasse plus. Il s’est perdu dans le regard du monarque de Tremagne et ne tuera plus jamais. Quelques jours après, un renard qui rodait dans le jardin entre dans la cuisine et vole la brioche. Je croise son regard après l’avoir surpris la tête dans le sachet. Il s’empare du butin tout entier et disparait sans en laisser une miette." 

NLF

C'est avec joie que je vous annonce la publication d'un nouveau blog "Voyages dans les outres mondes" qui relate sous forme d'essais littéraires des escapades chamaniques à la rencontre d'esprits alliés et d'animaux de pouvoir dans les différents mondes invisibles à notre réalité. Après tout les fées viennent bien de quelque part...

jeudi 29 octobre 2015

Fanzine de Monstrance - Morceau de Peau 1 - "Embryon"

Morceau de Peau 1 - Embryon - Fanzine de Monstrance - NLF©2015 - Exposition Pop Culture - Festival de la Saint Narcisse 2015 by Les Urbains de Minuit - La Zonmé, 7 bis rue des Combattants en Afrique du Nord, Nice.
Sur un micro format carré, pendu au bout d'un fil, ils sont laissés au yeux de tous et de celui qui voudra les prendre. Quelques pages qui clôturent une période. Aujourd'hui, je sens que ma pratique évolue. Ces dernières années j'appréhendais le dessin comme une illustration de mes états d'âme et des mondes que j'habite, notamment le dessin au stylo bic sur un mode instinctif, à main levée, que j'affectionne tout particulièrement. 
De recherches en rencontres, de travaux en expositions, je perçois à présent le dessin comme l'état primitif de ce que pourrait devenir une véritable installation, non pas par souci de présentation mais par transcendantalisme. Sortir du cadre, explorer les pluri-médium, ébranler ses certitudes et prendre des risques dans d'autres univers. Voyager dans la matière.
Embryon, le premier numéro de Morceau de Peau, l'acte un d'une série de fanzines de Monstrance que je présenterai à chaque fin de travaux, comme pour rendre compte d'une recherche en cour. Tel une dissection pour décortiquer le travail de l'autre, celui de l'artiste placé en si haute estime, sacralisé et exposé tel le reliquaire de monstrance. Suspendu par le nœud du pendu, chacun peu le tripoter et l'emporter avec lui. Désacralisation de l'objet, désacralisation de l'artiste. On définit ce qu'est une œuvre pour contrer son état, dépasser sa limite, contredire le discours, rester des sales gosses indisciplinés, pluridisciplinaires.   
Suspendus dans l'air comme pour suspendre le temps, rendre compte d'une période dans une temporalité spécifique, au milieu d'un espace de circulation, va-t-on s'arrêter pour regarder ce qui est entrain de se passer? Me voleras-tu un morceau de peau, l'ami?


Fanzine téléchargeable en PDF gratuitement: ici
Morceau de Peau 1 - Embryon - Fanzine de Monstrance - NLF©2015 - Exposition Pop Culture - Festival de la Saint Narcisse 2015 by Les Urbains de Minuit - La Zonmé, 7 bis rue des Combattants en Afrique du Nord, Nice.

Morceau de Peau 1 - Embryon - Fanzine de Monstrance - NLF©2015 - Exposition Pop Culture - Festival de la Saint Narcisse 2015 by Les Urbains de Minuit - La Zonmé, 7 bis rue des Combattants en Afrique du Nord, Nice.

jeudi 10 septembre 2015

Le vent souffle et me porte vers d'autres horizons.


"A bout de souffle, je traîne mes guêtres. Assoiffée, lapant le fond du puits asséché. Il faut se rendre à l'évidence, je dois mettre le sol en jachère et j'en ai le souffle coupé. 
Chaque foi que je regarde l'univers et toutes ces possibilités, j'aime m'y lancer à corps perdue, rejoindre la troupe d'étoiles qui m'accueille à bras ouverts. Il y a des palais à construire dans ces univers, des temples et des routes célestes à parcourir avec celles et ceux qui m'accompagnent depuis longtemps. Alors pour faire parti de l'aventure je puise l'eau du puits et prend un bon bol d'énergie pour m'élancer dans le firmament. 
Mais le sol n'a plus la même élasticité. Aride, je n'y rebondis plus et ne m'envole plus assez haut pour participer à la cosmogonie. Je regarde mes amies les étoiles d'en bas, fâchées et déçues de ne plus me trouver si légère et l'esprit aérien. Je m'étale de tout mon poids sur la terre sèche de mon puits sans eau, aplatie comme une galette rassie au cœur durcie. Tel un soufflé au chocolat affaissé sur lui même qui aurait perdu tout son fondant. Mes larmes s'évaporant si tôt coulées je me complet dans cet état liquide et poisseux. 
J'ai le choix si tant est que le choix existe. J'ai le choix entre continuer à laper le fond sableux de ma citerne priant pour qu'il pleuve et entre fermer les yeux et saisir la bourrasque qui parcours mon désert, m'emmenant sur une terre que je ne connais pas. Je n'y ferais surement pas fortune, je n'y serais pas parmi les étoiles de Minuit, mais le vent lavera mes joues salées. Je rejoindrai le brouillard humide me rengorgeant de choses et d'autres, allant de-ci de-là au grès de ma fantaisie. Et lorsque j'aurais trouvé le moyen de retrouver mon amie la lune sans assécher l'eau de mon puits, je reviendrai."

dimanche 2 août 2015

NLF N'Ko rendent des contes aux esprits de la fôret

"La veille, attirés par l'humidité de l'air ambiant, des petits champignons poussent dans les rues du village. Leur présence guidera les voyageurs sur les lieux des histoires. La Nuit du Conte se met en marche. 
Dix heures sonnent au matin du premier Août. Matin pluvieux. Le ciel est blanc les cœurs sont tristes, les scènes de contes ne seront pas montées sur la place de la Frairie ni dans la descente de l'Escarouge. Les champignons auront amenés la pluie. Qu'à cela ne tienne, les esprits de la forêt prendront tout de même place sur les façades et les conteurs feront danser les mots dans les murs de la salle des fêtes et de la salle culturelle..."  (lire la suite)
Depuis 2012 chaques années, je rends des Contes au streetart à la Nuit du Conte à Clans. Cette nuit existe depuis quinze ans et après avoir rendu des contes aux Grimm et à Lewis Carroll, j'ai voulu réaliser un thème un peu particulier: Rendre des contes aux esprits de la forêt.
Clans est perdu dans un écrin de verdure, entourée d'une immense forêt domaniale et la maison dans laquelle je vis est à l'orée des grands arbres, à l'orée des fées.

jeudi 23 juillet 2015

Encore une année chez les Narcisses


Il y a deux ans je rentrais dans le réseau des Urbains de Minuit. L'an dernier j'exposais et participais à l'organisation de ce beau Festival de la Saint Narcisse. Cette année je réitère l'expérience. 15 lieux urbains, 25 rendez vous interdisciplinaires, 150 artistes indisciplinés.


Exposition Collective Pop Culture à La Zonmé:
Sur un registre éphémère, exploitation de l'espace d'un vieil immeuble, dans une cage d'escaliers où l'art et la culture s'invitent sans frapper, je laisserais s'aventurer les esprits de nydilésie.
Vernissage le Vendredi 16 Aout à 20h30, exposition à La Zonmé jusqu'au 29 Octobre, 7 bis rue des combattants en Afrique du Nord à Nice, avec Florence Cartoux, Florian Lévy, Francesca Acquaviva, Hélène Marchetto, Lyouba, Nomada Zulus, Nathalie Broyelle, Olivia Lallement, Olivier Sanfilippo, Richard Roux et Zacloud.

Exposition Collective Confine del Copro Experience 2, Chantier Sang Neuf aux Abattoirs:
Au Chantier 109 des Abattoirs, 5 bd Jean Baptiste Verany à Nice, de 14h à 23h du 26 au 28 Octobre, je vous invite à découvrir mon travail de réflexion autour de la notion d'abattage et de consommation, à travers l'expérience performative "Cow - Je suis une Vache" et "Je voudrais être une femme mais je suis de la viande". Une modification de conscience In Situ qui m'a amené à m’interroger sur la cognition entre sacralité et outil, commencé aux abattoirs de Nice en décembre 2014 avec la Compagnie Antipodes et Les Urbains de Minuit, puis en Italie à l'exposition pluridisciplinaire Confine del Corpo, la première expérience en Mai 2015.


Cette année j'ai une foi encore réalisé l'affiche du festival ainsi que les visuels de communication sur internet.
 Et c'est avec un immense plaisir que mon tendre ami John Marenchino, styliste, chroniqueur dans lartocrate.com et figure queer du paysage artistique niçois a prêté son image pour représenter l'Urbain à tallons aiguille, icône symbolique des Urbains de Minuit. C'est sur la rue vernier, une chaude journée de cet été, qu'il a endossé ce lourd costume, déambulant d'un décor urbain à l'autre afin que je le photographie. Une expérience qui m'a inspiré une fiction publiée dans le Web Journal des Urbains de Minuit, "Journal d'un Dandy en tallons aiguilles.
« Un  jeune Urbain se promène dans les rues niçoises. Juché sur de longs talons aiguilles il observe sa vie défiler comme dans un film dont la réalisation lui échapperait. A l’image du festival de la Saint Narcisse, plongeons à cœur perdu dans l’égo du protagoniste. »

Affiche de Philippe Hurst - Confine del Corpo

Je remercie affectueusement Sonia Grdovic et tout le staff du Festival de la Saint Narcisse sans qui ce rêve ne serait pas réalité.

dimanche 12 juillet 2015

Les Good Vibrations 2015

 Vallières-Spirit - NLF © 2015
Témoignage. S’interroger sur la fonction d'un mur. Un mur porte, un mur sépare. Un mur n'a d'autre utilité que d'isoler une pièce d'une autre et de soutenir la toiture. Un mur qui ne porte et qui ne sépare plus est-il toujours un mur? Et deux murs parallèles qui laisseraient un espace libre entre eux et où il n'y aurait pas l'espace nécessaire pour y habiter, serait-il possible que cet espace libre devienne une intention pour autre chose?

De la relique. Interrogée sur le processus de création d’un espace sacré, au sein d’un territoire comme Clans, où la topographie du lieu est totalement exploitée à travers la notion de "géographie du sacré". A Clans, les chapelles et la Collégiale ne sont pas implantées par hasard dans l’espace - circulation liturgique - pensées en lien avec l’implantation du sacré déjà existant - paganisme et culte ancien. (cf : « Le grand dessein de la Collégiale de Clans (1137) », James Dauphiné, revue Babel littératures plurielles, N°28, 2013.) La notion d’espace sacré est quelque chose de très encrée dans la conception de la « géographie clansoise ».
Élaborations d’architectures du sacré - Pour ces espaces, type chapelle et église, le rituel de consécration de l’édifice se construit autour de l’implantation d’une relique ; c'est-à-dire du reste d’un saint, ou/et d’un martyr sur lequel on aurait prélevé un échantillon de la matière qui le constitue (vêtement, cheveux, ossement…) ; la relique par son unique présence, sanctifie l’espace.

La construction du bâti c’est forcément la destruction du sol d’origine. Destruction d’une topographie, destruction de l’espace naturel ou/et habité. Destruction d’une énergie caractéristique qui représente l’état du lieu et qui est ressenti par l’être sensible. Les intentions qui habitent et constituent le jardin de la Villa les Vallières vont disparaitre au moment de la construction de l’annexe. Destruction d'un espace - Espace sacrifié au profit de la création d'un projet porteur d'espoir. Espace-martyr - Espace-relique. Le jardin est un martyr qui, s'y l'on en récupère les intentions, peuvent devenir reliques qui consacrera l'architecture en espace sacré. C'est penser un espace - une œuvre d'art embarquée dans l'architecture - à destination de refuge pour des intentions - des choses qui n'existent que dans la projection humaine.

Réalité-fiction. A la recherche des intentions. "Je pris mon tambour et je partis en défrichage dans le jardin de la Villa, pas loin des 23 heures je crois. Marine, Fabien, Natacha et Nicolas m'accompagnèrent. Il n'y avait rien extraordinaire à leur montrer mais j'ai toujours été curieuse des gens curieux, alors je leur dis qu'ils pouvaient venir en profiter pour s'allonger dans l'herbe sèche, regarder les étoiles, fermer les yeux, se détendre et se laisser porter. Je choisie une petite pierre bien orientée pour y allumer une petite flamme, laissant s’échapper quelques volutes de sauge blanche, je pris ma mailloche et battis un rythme régulier, déambulant entre les arbres à la recherche des choses qui poussent et qui grouillent. Je sentais l'air frais et parfumé des sylphes de la vallée monter dans les feuilles et faire danser les habitants qui déjà me regardaient. Je tambourinai un moment, attendant la permission de poser mes questions mais rien. Pas de réponse. Il y avait des choses étranges mais des choses craintives, je battais du tambour pour les appeler mais je battais du tambour aussi pour ces amis qui méditaient là, à même le sol. La distinction entre les deux me paraissait difficile, il fallait que je fasse différemment. Je rejoignis le petit groupe qui pionçait tranquillement et demanda que l'un d'entre eux batte du tambour pour moi. Fabien se proposa. Il battit un rythme régulier et je m’allongeai au milieu des arbres fruitiers. Je me laissai glisser, traversant une membrane puis une autre, mon corps fusionnant avec la terre jusqu'à créer un tout avec ce jardin.  
Je sentis alors son souffle, profond, chaud, sortant de ses nasaux venus renifler mon oreille droite. Vallières-Spirit, la noblesse souffreteuse, un ami abandonné de la main de l'homme, résistant, force protectrice qui me faisait face. Je posai ma question. Réponse instantanée, il savait déjà ce qui allait arriver. Ce fut le figuier qui posa sa condition en premier: "Je veux chanter". Plus haut dans le village, le clocher sonnait."

Défrichage à la Villa les Vallières
Les Good Vibrations sont une semaine de workshop artistique créée par l'Atelier Expérimental de Clans qui œuvre à sensibiliser le Haut-Pays niçois à l'art contemporain depuis 1996. Cette année, ce laboratoire d'expérimentation de 7 jours du 4 au 11 Juillet, où artistes, scientifiques et architectes sont invités à réfléchir autour d'un projet de réalisation, portait sur "les œuvres d'art embarquées dans l'architecture".
Le projet est très porteur et amènent des questionnements sur l'évolution des pratiques artistiques et comment, dans une démarche pluridisciplinaire, l'art peut sortir du phénomène d'accrochage et d'exposition pour se donner de la visibilité.

Pour contextualiser l'expérience il faut revenir aux fondamentaux et expliquer les enjeux de l'Atelier Expérimental. Cette association se pérennise depuis bientôt 20 ans grâce au travail d'Isabelle Sordage, artiste plasticienne à l'initiative de ce projet, ainsi qu'avec l’apport et l'investissement des habitants et de la municipalité de Clans, accompagnée d'une subvention d'aide à la culture apportée par la Direction régionale des Alpes Maritimes. Chaque années, des artistes peuvent venir travailler en résidence avec à une allocation qui leur est proposé, au sein de l'Atelier Expérimental dans la Villa les Vallières. C'est ainsi qu'au fur et à mesure des années, des artistes plasticiens ont laissé dans cette maison de la documentation, des éléments et des œuvres artistiques encastrées dans l'habitat. Notamment Ludocic Lignon, Fabrice Gallis et Pascale Tiraboschi qui ont légué après leurs passages des "dispositifs actifs" que les futurs résidents et les élèves des ateliers de l'A.E. peuvent rencontrer. Ces œuvres qui cohabitent, imbriquées dans les murs, ont inspiré cette réflexion: "Les "œuvres d'art embarquées dans l'architecture" (OE A EA), conçues à partir et au moment de l'élaboration du plan du bâtiment qui les intègre (elles en font parties intégrante et ne peuvent s'en extraire). Il ne s'agit pas d'un accrochage in situ mais d'une "synthèse hétérogène", d'une approche inédite de la conception d'oeuvres d'art. Dépot INPI 2009."

La réalisation de ce projet vise à construire une annexe à la Villa les Vallières qui pourrait devenir un prototype de maison avec des OE A EA contenant toute la documentation nécessaire à la compréhension du projet, pouvant devenir un lieu de résidence d'artistes et de recherche, voir même une habitation à part entière. 
Durant cette semaine de Good Vibrations, où artistes et architectes se sont retrouvés à travailler autour et sur ce projet, un bon nombre d'intervenants sont venus donner des conférences pour alimenter et donner de la matière à la réflexion (programme ici).
Table ronde des artistes et architectes travaillant sur "les oeuvres d'art embarquées dans l'architecture".
Marine Antony, Ludovic lignon, Luc Kerléo, Fabien Lamarque, Natacha Jouot, Mattia Paco Rizzi, Julien Tribout, Pascale Tiraboschi, Isabelle Sordage, Laetitia Combe, Stéphanie Poulard, Marie-France Lesné, Emmanuelle Pépin.