mercredi 16 novembre 2016

Des sciences humaines à l'art - NLF exhibition

Cette dernière année j'ai pris un temps de réflexion, une année pour m'interroger sur l'évolution de ma pratique, me questionner sur l'art, j'ai laissé certaines réalisations en suspend pour revenir aux sources. Parfois lors du voyage nous oublions d'admirer le paysage, au cours d'une conversation nous oublions pourquoi et comment nous sommes arrivé à tel endroit, il nous faut alors rembobiner la K7, retourner sur nos pas, comme si le processus de cheminement était aussi important que la destination finale. Pour illustrer ce processus,  j'ai choisi d'exposer une large collection de pièces qui forment une sorte de rétrospective de mon travail sur les cinq dernières années. Aujourd'hui je m'interroge encore sur le sens de ma pratique et sur l'intellectualité qu'elle propose.

En art le processus de création et parfois tout aussi important même plus, que l’œuvre achevée. Il permet d'en observer les fondements, connaitre les interrogations qui ont poussé à sa conception, la méthodologie employée, le mécanisme, une forme de cuisine qui appartient à un développement bien particulier, celui de la recherche.

Petit à petit, ce processus m'a curieusement ramené à un espace de réflexion longtemps côtoyé, la BU de Carlone. Diplômée en Master 1 d'histoire à l'Université de Lettres, Arts et Sciences Humaines de Nice Sophia Antipolis, la bibliothèque Henri Bosco était mon refuge lorsque mes voisins faisaient un peu trop la fête, que mon espace de vie offrait un peu trop de distraction et que j'avais un peu trop envie de faire la fête avec mes voisins... Il y a cinq ans j'avais pris la décision de quitter l'université pour me donner les moyens de concrétiser ma pratique artistique qui n'était encore qu'à l'état de rêve. Et aujourd'hui je reviens sur les murs de cet endroit qui a été le témoin de mon premier encrage dans le monde réel et surtout, de mon apprentissage de la recherche.

La recherche, qu'elle soit employée dans un cursus universitaire, au sein d'un laboratoire, ou en art, est un process applicable à tous les niveaux, physiques, métaphysiques, spirituels, matériels... La recherche c'est connaitre tous les points qui nous amènent à comprendre le monde. C'est aussi explorer des paysages qui ne nous attirent pas vraiment pour pouvoir défricher les zones qui nous séduisent. C'est essayer de n’omettre aucun détail, d'observer avec attention toutes les particularités, la moindre information qui fait de l'univers un tout unique où tout est lié par la sémantique, de petit sentiers étroits et fragiles, ils nous relient les uns aux autres et souvent, nous demandent un peu de débroussaillage. 

Alors j'ai autant que faire se peut débroussaillé mon paysage et j'y ai vu quatre femmes parmi tous les êtres magnifiques qui le peuplent. Quatre femmes doit la voix résonne encore dans les tréfonds de mon âme.
Ma mère, Josette Combes, bibliothécaire bénévole et soignante, qui me disait très souvent : "Donnes toi les moyens d'y arriver."
Ma directrice de mémoire, Rosa Maria Dessi Lauwers, maitre de conférence ici, à l'université de Nice, qui lors de ses cours d'iconographie médiévale insistait : "Il faut parfois passer tous les détails au peigne fin sinon on se rend compte trop tard qu'on a oublié quelque chose."
Ma marraine artistique, Sonia Grdovic, artiste plasticienne, a une maxime : "L'élégance c'est de ne pas être oublié."
Mon amie et celle qui m'a éveillé à l'art contemporain, Isabelle Sordage, artiste plasticienne et chercheuse dans la plasticité sonore, me le répète encore : "Le chemin de randonné est peut-être le plus difficile à emprunter mais il mène à un paysage bien plus beau à regarder que celui des autoroutes."
Quatre phrases qui font parties de mon processus de création et aussi, de ma ligne de conduite développée par l'idée que la science et l'art sont deux pratiques qui utilisent la même méthode, la recherche. 

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