lundi 2 janvier 2017

Construction - déconstruction

Tout apprendre pour désapprendre. Construire sa pratique durant tant d'années. Bâtir son identité sur des fondations solides, les enseignements qui nous sont prodigués dans la bienveillance et la notion de choix. Puis arriver aux étapes de la vie et à celle qui, pour la franchir, nous demande de nous déconstruire.

 

La déconstruction ce n'est pas la destruction. C'est l'analyse de soi, bout à bout. Comprendre d'où vient notre pensée, sur quoi est-elle fondée, comment s'est-elle construite, à partir de, qui, quoi, où, comment prend-elle du sens, quelle est sa conception sémiotique, son rapport signifiant-signifié...
Tout apprendre pour désapprendre. Se laisser porter dans les circonvolutions de la pensée déridéenne. Cheminer à rebours dans la sémantique des choses, de l'ordre au chaos. S'engouffrer dans le Khaos pour constater que l'on a rien appris, rien compris, tout mélangé. 

Comprendre donne un sentiment de complétude. Apprendre que l'on n'a rien compris renvoie au sentiment de complexion terne, fade. C'est le risque à sortir de sa zone confort, la déconstruction. Ce pourquoi nous restons finalement bloqué à certaines étapes de la vie. Les franchir renverrait à cette étude platonicienne où l'on sait pertinemment ce qui se cache dans la caverne, de l'autre côté du miroir. Se déconstruire, c'est réaliser que l'on a bâti son identité sur des illusions, par sécurité, dans la bienveillance et le mirage du choix possible. 

La déconstruction provoque un sentiment de destruction du soi. Alors on ne s'y hasarde pas. On détourne le regard de son reflet, sans percevoir que de l'autre côté, il y a la reconstruction. La reconstruction dans son unité, faire partir d'un tout, lié au monde, les uns aux autres, à son animalité et son humanité, se reconstruire dans cette ensemble unique et dans ses différentiabilités. Trouver dans cet ensemble la solution, franchir l'étape, jusqu'à la prochaine. Tout recommencer.
De même dans la pratique de l'art, l'artiste expérimente la déconstruction pour construire des ponts entre les mondes tangibles et intangibles.  

2017, j'hirondellise mes perspectives pour voyager vers un monde où la construction du vaisseau qui m'y mène me demande d'aller chercher les outils dans la caverne. 

Le mat, toujours, passe d'une arcane à l'autre.


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