jeudi 23 juillet 2015

Encore une année chez les Narcisses


Il y a deux ans je rentrais dans le réseau des Urbains de Minuit. L'an dernier j'exposais et participais à l'organisation de ce beau Festival de la Saint Narcisse. Cette année je réitère l'expérience. 15 lieux urbains, 25 rendez vous interdisciplinaires, 150 artistes indisciplinés.


Exposition Collective Pop Culture à La Zonmé:
Sur un registre éphémère, exploitation de l'espace d'un vieil immeuble, dans une cage d'escaliers où l'art et la culture s'invitent sans frapper, je laisserais s'aventurer les esprits de nydilésie.
Vernissage le Vendredi 16 Aout à 20h30, exposition à La Zonmé jusqu'au 29 Octobre, 7 bis rue des combattants en Afrique du Nord à Nice, avec Florence Cartoux, Florian Lévy, Francesca Acquaviva, Hélène Marchetto, Lyouba, Nomada Zulus, Nathalie Broyelle, Olivia Lallement, Olivier Sanfilippo, Richard Roux et Zacloud.

Exposition Collective Confine del Copro Experience 2, Chantier Sang Neuf aux Abattoirs:
Au Chantier 109 des Abattoirs, 5 bd Jean Baptiste Verany à Nice, de 14h à 23h du 26 au 28 Octobre, je vous invite à découvrir mon travail de réflexion autour de la notion d'abattage et de consommation, à travers l'expérience performative "Cow - Je suis une Vache" et "Je voudrais être une femme mais je suis de la viande". Une modification de conscience In Situ qui m'a amené à m’interroger sur la cognition entre sacralité et outil, commencé aux abattoirs de Nice en décembre 2014 avec la Compagnie Antipodes et Les Urbains de Minuit, puis en Italie à l'exposition pluridisciplinaire Confine del Corpo, la première expérience en Mai 2015.


Cette année j'ai une foi encore réalisé l'affiche du festival ainsi que les visuels de communication sur internet.
 Et c'est avec un immense plaisir que mon tendre ami John Marenchino, styliste, chroniqueur dans lartocrate.com et figure queer du paysage artistique niçois a prêté son image pour représenter l'Urbain à tallons aiguille, icône symbolique des Urbains de Minuit. C'est sur la rue vernier, une chaude journée de cet été, qu'il a endossé ce lourd costume, déambulant d'un décor urbain à l'autre afin que je le photographie. Une expérience qui m'a inspiré une fiction publiée dans le Web Journal des Urbains de Minuit, "Journal d'un Dandy en tallons aiguilles.
« Un  jeune Urbain se promène dans les rues niçoises. Juché sur de longs talons aiguilles il observe sa vie défiler comme dans un film dont la réalisation lui échapperait. A l’image du festival de la Saint Narcisse, plongeons à cœur perdu dans l’égo du protagoniste. »

Affiche de Philippe Hurst - Confine del Corpo

Je remercie affectueusement Sonia Grdovic et tout le staff du Festival de la Saint Narcisse sans qui ce rêve ne serait pas réalité.

dimanche 12 juillet 2015

Les Good Vibrations 2015

 Vallières-Spirit - NLF © 2015
Témoignage. S’interroger sur la fonction d'un mur. Un mur porte, un mur sépare. Un mur n'a d'autre utilité que d'isoler une pièce d'une autre et de soutenir la toiture. Un mur qui ne porte et qui ne sépare plus est-il toujours un mur? Et deux murs parallèles qui laisseraient un espace libre entre eux et où il n'y aurait pas l'espace nécessaire pour y habiter, serait-il possible que cet espace libre devienne une intention pour autre chose?

De la relique. Interrogée sur le processus de création d’un espace sacré, au sein d’un territoire comme Clans, où la topographie du lieu est totalement exploitée à travers la notion de "géographie du sacré". A Clans, les chapelles et la Collégiale ne sont pas implantées par hasard dans l’espace - circulation liturgique - pensées en lien avec l’implantation du sacré déjà existant - paganisme et culte ancien. (cf : « Le grand dessein de la Collégiale de Clans (1137) », James Dauphiné, revue Babel littératures plurielles, N°28, 2013.) La notion d’espace sacré est quelque chose de très encrée dans la conception de la « géographie clansoise ».
Élaborations d’architectures du sacré - Pour ces espaces, type chapelle et église, le rituel de consécration de l’édifice se construit autour de l’implantation d’une relique ; c'est-à-dire du reste d’un saint, ou/et d’un martyr sur lequel on aurait prélevé un échantillon de la matière qui le constitue (vêtement, cheveux, ossement…) ; la relique par son unique présence, sanctifie l’espace.

La construction du bâti c’est forcément la destruction du sol d’origine. Destruction d’une topographie, destruction de l’espace naturel ou/et habité. Destruction d’une énergie caractéristique qui représente l’état du lieu et qui est ressenti par l’être sensible. Les intentions qui habitent et constituent le jardin de la Villa les Vallières vont disparaitre au moment de la construction de l’annexe. Destruction d'un espace - Espace sacrifié au profit de la création d'un projet porteur d'espoir. Espace-martyr - Espace-relique. Le jardin est un martyr qui, s'y l'on en récupère les intentions, peuvent devenir reliques qui consacrera l'architecture en espace sacré. C'est penser un espace - une œuvre d'art embarquée dans l'architecture - à destination de refuge pour des intentions - des choses qui n'existent que dans la projection humaine.

Réalité-fiction. A la recherche des intentions. "Je pris mon tambour et je partis en défrichage dans le jardin de la Villa, pas loin des 23 heures je crois. Marine, Fabien, Natacha et Nicolas m'accompagnèrent. Il n'y avait rien extraordinaire à leur montrer mais j'ai toujours été curieuse des gens curieux, alors je leur dis qu'ils pouvaient venir en profiter pour s'allonger dans l'herbe sèche, regarder les étoiles, fermer les yeux, se détendre et se laisser porter. Je choisie une petite pierre bien orientée pour y allumer une petite flamme, laissant s’échapper quelques volutes de sauge blanche, je pris ma mailloche et battis un rythme régulier, déambulant entre les arbres à la recherche des choses qui poussent et qui grouillent. Je sentais l'air frais et parfumé des sylphes de la vallée monter dans les feuilles et faire danser les habitants qui déjà me regardaient. Je tambourinai un moment, attendant la permission de poser mes questions mais rien. Pas de réponse. Il y avait des choses étranges mais des choses craintives, je battais du tambour pour les appeler mais je battais du tambour aussi pour ces amis qui méditaient là, à même le sol. La distinction entre les deux me paraissait difficile, il fallait que je fasse différemment. Je rejoignis le petit groupe qui pionçait tranquillement et demanda que l'un d'entre eux batte du tambour pour moi. Fabien se proposa. Il battit un rythme régulier et je m’allongeai au milieu des arbres fruitiers. Je me laissai glisser, traversant une membrane puis une autre, mon corps fusionnant avec la terre jusqu'à créer un tout avec ce jardin.  
Je sentis alors son souffle, profond, chaud, sortant de ses nasaux venus renifler mon oreille droite. Vallières-Spirit, la noblesse souffreteuse, un ami abandonné de la main de l'homme, résistant, force protectrice qui me faisait face. Je posai ma question. Réponse instantanée, il savait déjà ce qui allait arriver. Ce fut le figuier qui posa sa condition en premier: "Je veux chanter". Plus haut dans le village, le clocher sonnait."

Défrichage à la Villa les Vallières
Les Good Vibrations sont une semaine de workshop artistique créée par l'Atelier Expérimental de Clans qui œuvre à sensibiliser le Haut-Pays niçois à l'art contemporain depuis 1996. Cette année, ce laboratoire d'expérimentation de 7 jours du 4 au 11 Juillet, où artistes, scientifiques et architectes sont invités à réfléchir autour d'un projet de réalisation, portait sur "les œuvres d'art embarquées dans l'architecture".
Le projet est très porteur et amènent des questionnements sur l'évolution des pratiques artistiques et comment, dans une démarche pluridisciplinaire, l'art peut sortir du phénomène d'accrochage et d'exposition pour se donner de la visibilité.

Pour contextualiser l'expérience il faut revenir aux fondamentaux et expliquer les enjeux de l'Atelier Expérimental. Cette association se pérennise depuis bientôt 20 ans grâce au travail d'Isabelle Sordage, artiste plasticienne à l'initiative de ce projet, ainsi qu'avec l’apport et l'investissement des habitants et de la municipalité de Clans, accompagnée d'une subvention d'aide à la culture apportée par la Direction régionale des Alpes Maritimes. Chaque années, des artistes peuvent venir travailler en résidence avec à une allocation qui leur est proposé, au sein de l'Atelier Expérimental dans la Villa les Vallières. C'est ainsi qu'au fur et à mesure des années, des artistes plasticiens ont laissé dans cette maison de la documentation, des éléments et des œuvres artistiques encastrées dans l'habitat. Notamment Ludocic Lignon, Fabrice Gallis et Pascale Tiraboschi qui ont légué après leurs passages des "dispositifs actifs" que les futurs résidents et les élèves des ateliers de l'A.E. peuvent rencontrer. Ces œuvres qui cohabitent, imbriquées dans les murs, ont inspiré cette réflexion: "Les "œuvres d'art embarquées dans l'architecture" (OE A EA), conçues à partir et au moment de l'élaboration du plan du bâtiment qui les intègre (elles en font parties intégrante et ne peuvent s'en extraire). Il ne s'agit pas d'un accrochage in situ mais d'une "synthèse hétérogène", d'une approche inédite de la conception d'oeuvres d'art. Dépot INPI 2009."

La réalisation de ce projet vise à construire une annexe à la Villa les Vallières qui pourrait devenir un prototype de maison avec des OE A EA contenant toute la documentation nécessaire à la compréhension du projet, pouvant devenir un lieu de résidence d'artistes et de recherche, voir même une habitation à part entière. 
Durant cette semaine de Good Vibrations, où artistes et architectes se sont retrouvés à travailler autour et sur ce projet, un bon nombre d'intervenants sont venus donner des conférences pour alimenter et donner de la matière à la réflexion (programme ici).
Table ronde des artistes et architectes travaillant sur "les oeuvres d'art embarquées dans l'architecture".
Marine Antony, Ludovic lignon, Luc Kerléo, Fabien Lamarque, Natacha Jouot, Mattia Paco Rizzi, Julien Tribout, Pascale Tiraboschi, Isabelle Sordage, Laetitia Combe, Stéphanie Poulard, Marie-France Lesné, Emmanuelle Pépin.




mercredi 1 juillet 2015

Rêver évolution ou cauchemarder régression

Dessin Des Seins - NLF © 2015 - stylo bic / papier

Avec la sortie au cinéma de Jurassic Worl je n'ai pu m'empêcher de penser à la phrase culte du film des années 90 : « la vie trouve toujours un chemin ».
Bombardés par des radiations destructrices, empoisonnés par les pesticides de Mosanto et par la radioactivité... Voilà qui offre de joyeuses perspectives à l'humanité. Peu scrupuleux de polluer les territoires de notre prochain, plus enclin à s'enfriquer sur le dos de nos concitoyens, quitte à élaguer un peu l'espèce et faire diminuer le tôt de natalité, voire même fermer les yeux sur des naissances mal-formées... Rêver une évolution bien propre et saine au delà du concept d'Homme semble être une alternative alléchante. Posté au sommet de la révolution technologique le transhumanisme se distingue de son créateur transpirant et souffreteux, à la chaire fragile et soumis à ses pulsions primaires. Quel, commerce florissant que d'offrir l'immortalité de la pensée sans se soucier de celle de l'âme. Le haut du panier, ces pommes éclatantes de brillance, pourries par la perversion, pourront s'octroyer le privilège d'un corps parfait, construisant le futur et l'utopie d'un monde lisse, dominant ce qui était autrefois leurs semblables voués au labeur et à leur croupissante décrépitude. Une vision pas si différente de l'actualité si ce n'est l'atteinte d'un idéal de quelques fous qui voient en la robotique la sauvegarde de l'humanité. Paradoxe paradisiaque exacerbé par la primauté de l'homme supérieur, idéologie déjà exploré par le passé, sommes nous à jamais voués à tourner en rond pour rencontrer continuellement les idéaux du fascisme ? L'évolution sera-t-elle à jamais le synonyme de l'horreur? Les nouveaux résistants seront-ils réunis en une poignée de hackers cachés derrière la protection de l’anonymat? Peut-être est-ce déjà le cas.
La vie trouve toujours un chemin, peut-être est-ce la seule perspective qu'il nous reste. 

NLF